Leçon B2-C1 – Le Sport
Leçon 7 · B2-C1

Le Sport —
entre passion, société et performance

⏱ 2 heures 📚 Niveau B2-C1 ⚽ Sport · Santé · Compétition · Société 🔊 Audio intégré
Progression
1/8

Plan de la séance

3,6Mrd
téléspectateurs des JO de Paris 2024
50%
des Français pratiquent un sport régulièrement
€900M
salaire annuel de Kylian Mbappé en 2024
0:00 – 0:20
Mise en route
Discussion libre : pratiquez-vous un sport ? Quel(s) sport(s) suivez-vous ? Le sport est-il important dans votre culture ? Quels sportifs roumains admirez-vous ?
0:20 – 0:45
Compréhension écrite & orale
Trois textes : le sport comme outil d’intégration sociale, le dopage et l’éthique sportive, et les femmes dans le sport de haut niveau.
0:45 – 1:05
Vocabulaire thématique
20 mots et expressions du vocabulaire sportif, médiatique et sociologique. Écoute, répétition, mise en contexte.
1:05 – 1:25
Points de grammaire
Le discours rapporté pour relater des déclarations sportives · La nominalisation pour un style soutenu · Les prépositions et tournures pour exprimer la comparaison.
1:25 – 1:45
Exercices & traduction
Exercices de grammaire appliqués au contexte sportif. Traduction de phrases liées au sport, à la compétition et à la santé.
1:45 – 2:00
Expression orale & bilan
Débat : les salaires des sportifs professionnels sont-ils justifiés ? Jeu de rôle entre un athlète et un journaliste sportif après une compétition.

Trois angles sur le sport

Texte 1 · Article sociologique

Le sport, vecteur d’intégration ou miroir des inégalités ?

On aime à répéter que le sport est universel, qu’il transcende les frontières, les langues et les classes sociales. Cette image idéalisée du sport comme grand fédérateur a une part de vérité : un terrain de football ou un gymnase peuvent effectivement devenir des espaces où des enfants d’origines très différentes apprennent à jouer ensemble, à respecter des règles communes, à former une équipe. Mais cette vision romantique occulte une réalité plus complexe.

Car le sport de haut niveau reproduit et amplifie souvent les inégalités sociales existantes. L’accès à l’entraînement de qualité, aux équipements modernes, aux coaches expérimentés et aux structures de soutien psychologique coûte cher. Très cher. Dans les pays où les infrastructures sportives publiques sont insuffisantes, seules les familles aisées peuvent offrir à leurs enfants les conditions optimales pour exceller. Le tennis, la natation, le golf et l’équitation restent ainsi largement des sports de privilégiés.

En France, une étude de l’INJEP (Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire) a montré que les enfants des quartiers populaires pratiquent en moyenne 30 % moins de sport organisé que ceux des quartiers favorisés, faute de clubs accessibles, de moyens financiers ou de disponibilité parentale. Paradoxalement, ce sont souvent ces mêmes quartiers qui produisent les plus grands champions de football ou d’athlétisme — des sports dont les barrières à l’entrée sont relativement basses.

Le sport peut donc être à la fois un ascenseur social exceptionnel pour quelques-uns et un reflet cruel des inégalités pour le plus grand nombre. La question n’est pas de savoir si le sport est bon ou mauvais pour la société, mais comment créer les conditions pour que ses vertus — discipline, dépassement de soi, esprit collectif — soient accessibles à tous, et pas seulement à ceux qui en ont les moyens.

Questions de compréhension

  1. Quelle image du sport l’auteur remet-il en question dans ce texte ? En quoi est-elle « romantique » ?
  2. Pourquoi les sports comme le tennis, la natation ou le golf sont-ils qualifiés de « sports de privilégiés » ?
  3. Expliquez le paradoxe mentionné dans le troisième paragraphe concernant les quartiers populaires.
  4. Quelle question centrale l’auteur pose-t-il en conclusion ? Reformulez-la avec vos propres mots.
Texte 2 · Reportage d’investigation

Le dopage : quand la victoire devient une tricherie organisée

En juillet 2023, le monde du tennis a été secoué par une révélation explosive : plusieurs joueurs classés dans le top 50 mondial avaient bénéficié de « dérogations d’usage thérapeutique » pour des substances normalement interdites. Cette affaire n’est que la dernière d’une longue série de scandales qui illustrent la relation trouble entre sport de haut niveau et dopage.

Le phénomène n’est pas nouveau. Des années 1950 aux années 1990, le cyclisme professionnel a fonctionné selon des règles non écrites d’omerta collective. Lance Armstrong, sept fois vainqueur du Tour de France, a symbolisé à lui seul la mécanique perverse du dopage institutionnalisé : médecins complices, entourages silencieux, systèmes de contrôle contournés. Sa déchéance, en 2012, a ouvert les yeux sur l’ampleur du phénomène — mais n’a pas suffi à l’éradiquer.

Ce qui rend le problème si complexe, c’est la pression économique considérable qui pèse sur les athlètes d’élite. Un champion olympique peut générer des millions d’euros de revenus publicitaires pour ses sponsors. Un athlète qui rate une finale ou rate le podium devient rapidement invisible sur le marché du sport. Dans ce contexte, la tentation du dopage n’est pas simplement morale — c’est une question de survie professionnelle et financière.

Les agences antidopage multiplient les tests, les analyses et les sanctions. Mais la course-poursuite entre les fraudeurs et les contrôleurs ressemble à une partie d’échecs sans fin : chaque nouvelle substance interdite pousse les scientifiques au service du dopage à en développer une nouvelle, indétectable pendant des années. La solution, selon de nombreux experts, ne viendra pas uniquement de la répression, mais d’une refonte profonde des valeurs du sport de compétition.

Questions de compréhension

  1. Qu’est-ce que le terme « omerta » signifie dans le contexte du cyclisme professionnel ?
  2. Quelles sont les pressions économiques qui poussent les athlètes vers le dopage selon l’auteur ?
  3. Expliquez la métaphore de « la partie d’échecs sans fin » utilisée dans le dernier paragraphe.
  4. Quelle solution les experts proposent-ils pour lutter contre le dopage ? Êtes-vous d’accord ?
Texte 3 · Tribune féministe

Les femmes dans le sport : des victoires à deux vitesses

Aux Jeux olympiques de Paris 2024, pour la première fois dans l’histoire, la parité hommes-femmes a été atteinte parmi les athlètes participants. Une avancée historique, célébrée à juste titre. Pourtant, si l’on gratte un peu sous la surface des discours officiels, les inégalités persistent, profondes et structurelles.

La première inégalité est financière. Les footballeuses de l’équipe de France gagnent en moyenne dix fois moins que leurs homologues masculins. Les tennismes femmes ont obtenu l’égalité des prix en Grand Chelem — mais uniquement dans les quatre tournois majeurs. Dans la plupart des disciplines, l’écart de rémunération entre athlètes masculins et féminins reste abyssal. Serena Williams, l’une des plus grandes athlètes de tous les temps, a souvent gagné moins que des tennismen classés bien en dessous d’elle dans les classements.

La deuxième inégalité est médiatique. Une étude menée dans 12 pays européens a montré que les sports féminins ne représentent que 4 % du temps d’antenne consacré aux sports dans les médias traditionnels. Cette invisibilité médiatique a des conséquences directes : moins de visibilité signifie moins de sponsors, moins de sponsors signifie moins de revenus, moins de revenus signifie moins de moyens pour s’entraîner et progresser. Un cercle vicieux difficile à briser.

Des voix s’élèvent pourtant pour inverser la tendance. Des chaînes de télévision commencent à diffuser davantage de sports féminins. Des marques choisissent délibérément de sponsoriser des athlètes féminines. Des joueuses comme Wendie Renard ou Amandine Henry en football, ou Simone Biles en gymnastique, ont réussi à s’imposer comme des icônes sportives au-delà du genre. Le chemin est encore long, mais la direction semble enfin tracée.

Questions de compréhension

  1. Quelle avancée historique a été réalisée aux JO de Paris 2024 ? En quoi est-elle insuffisante selon l’auteure ?
  2. Expliquez le « cercle vicieux » mentionné dans le troisième paragraphe avec vos propres mots.
  3. Relevez deux exemples concrets d’inégalités entre sport masculin et féminin dans le texte.
  4. Quels signes d’évolution positive l’auteure mentionne-t-elle dans le dernier paragraphe ?

20 mots pour parler du sport en français

Grammaire en contexte

1. Le discours rapporté — relater des déclarations sportives

Le discours rapporté (ou style indirect) est indispensable pour rapporter des interviews, des conférences de presse ou des déclarations d’athlètes. Il entraîne des changements de temps et de pronoms.

Discours directDiscours rapporté (passé)
« Nous sommes prêts. »Il a dit qu’ils étaient prêts.
« Je n’ai jamais dopé. »Il a affirmé qu’il n’avait jamais dopé.
« Nous gagnerons demain. »Elle a annoncé qu’ils gagneraient le lendemain.
« Entraînez-vous davantage ! »Il a demandé à l’équipe de s’entraîner davantage.
« Est-ce que tu te sens blessé ? »Il lui a demandé s’il se sentait blessé.
⚠️ Changements de temps : présent → imparfait · passé composé → plus-que-parfait · futur → conditionnel. Changements de marqueurs temporels : demain → le lendemain · hier → la veille · maintenant → alors.

2. La nominalisation — un style journalistique soutenu

La nominalisation consiste à transformer un verbe ou un adjectif en nom. Ce procédé est caractéristique du style journalistique et académique — très utilisé dans les articles sportifs de qualité.

Verbe / AdjectifNom correspondantExemple
vaincrela victoire / la défaiteLa victoire de l’équipe a été célébrée.
progresserla progressionSa progression est remarquable cette saison.
s’entraînerl’entraînementL’entraînement intensif a porté ses fruits.
performerla performanceCette performance restera dans les mémoires.
dominerla dominationLa domination française en judo est incontestable.
inégall’inégalitéLes inégalités salariales persistent dans le sport.
💡 Astuce : pour nominaliser un verbe, cherchez le nom de la même famille. Souvent : -tion, -ment, -ance, -eur, -age, -ée. Ex : entraîner → entraînement · performer → performance · vaincre → victoire.

3. Exprimer la comparaison — nuancer et argumenter

La comparaison est essentielle dans les débats sportifs — pour comparer des performances, des salaires, des conditions d’entraînement. Voici les principales structures.

TypeStructureExemple sportif
Supérioritéplus… que / davantage queLes hommes gagnent davantage que les femmes.
Inférioritémoins… que / deux fois moins queElle gagne dix fois moins que son homologue masculin.
Égalitéautant… que / aussi… queElle s’entraîne autant que n’importe quel champion.
Proportionplus… plus / moins… moinsPlus un sport est télévisé, plus il attire de sponsors.
Supériorité absoluele/la plus… deSimone Biles est la plus grande gymnaste de tous les temps.
💡 Pour nuancer une comparaison : légèrement plus / nettement moins / considérablement davantage / à peine autant que.

Exercices

Exercice 1 – Discours rapporté : transformez ces déclarations

Mettez les phrases suivantes au discours indirect en commençant par le verbe introducteur indiqué.

1. « Nous nous sommes entraînés pendant six mois pour cette compétition. » → L’entraîneur a expliqué qu’ils pendant six mois.
2. « Je battrai le record du monde demain. » → L’athlète a affirmé qu’il le record le .
3. « Est-ce que les joueuses ont eu accès aux mêmes infrastructures ? » → La journaliste a demandé si les joueuses accès aux mêmes infrastructures.
4. « Ne sous-estimez pas nos adversaires ! » → Le capitaine a averti l’équipe de ne pas leurs adversaires.
Réponses :
1. s’étaient entraînés  ·  2. battrait / lendemain  ·  3. avaient eu  ·  4. sous-estimer

Exercice 2 – Nominalisation : transformez en style journalistique

Réécrivez chaque phrase en remplaçant le verbe souligné par un nom de la même famille.

1. Le fait que les femmes progressent dans le sport est remarquable. → des femmes dans le sport est remarquable.
2. Le fait que l’équipe ait dominé ses adversaires a surpris les experts. → de l’équipe sur ses adversaires a surpris les experts.
3. Le fait que les salaires augmentent pose des questions éthiques. → des salaires pose des questions éthiques.
Réponses :
1. La progression  ·  2. La domination  ·  3. L’augmentation

Exercice 3 – Comparaison : complétez avec la structure correcte

Choisissez parmi : plus… que · moins… que · autant que · le plus · plus… plus · deux fois moins que

1. Les footballeuses gagnent les footballeurs professionnels.
2. Simone Biles est grande gymnaste de tous les temps.
3. un sport est médiatisé, il attire de sponsors.
4. Elle s’entraîne n’importe quel athlète masculin de son niveau.
5. Le rugby est suivi le football en France.
Réponses :
1. dix fois moins que (ou deux fois moins que)  ·  2. la plus  ·  3. Plus / plus  ·  4. autant que  ·  5. moins / que

Prenez la parole !

01
La Roumanie a une longue tradition dans la gymnastique et l’athlétisme. Nadia Comăneci, Gabriela Szabo… Ces champions vous inspirent-ils ? Qu’ont-ils apporté à la société roumaine ?
02
Kylian Mbappé gagne environ 900 millions d’euros par an. Trouvez-vous ces salaires justifiés dans le football professionnel ? Comparez avec le salaire d’un médecin, d’un enseignant ou d’un scientifique.
03
Le dopage existe depuis des décennies dans le sport de haut niveau. Pensez-vous qu’il serait plus honnête de légaliser certaines substances pour tous les athlètes, ou faut-il maintenir l’interdiction totale ?
04
Les femmes sportives reçoivent beaucoup moins d’attention médiatique que les hommes. Regardez-vous des sports féminins ? Pourquoi, selon vous, cet écart persiste-t-il malgré les progrès ?
05
Le sport est-il vraiment un « ascenseur social » ? Connaissez-vous des exemples de personnes issues de milieux défavorisés qui ont réussi grâce au sport ? Ou au contraire, des exemples où le sport a reproduit les inégalités ?
06
Les Jeux olympiques coûtent des milliards et endettent les villes qui les accueillent. Paris 2024 a coûté environ 9 milliards d’euros. Cet investissement est-il justifié ? Que pensez-vous de l’organisation des JO ?

🎭 Jeu de rôle : Interview d’après-match

Après une finale olympique très contestée (victoire obtenue de justesse, accusations de favoritisme des arbitres, rumeurs de dopage), une athlète est interviewée par un journaliste sportif en conférence de presse. Utilisez le discours rapporté, les comparaisons et les nominalisations dans vos échanges.

🎙️ Rôle A – Journaliste

Posez des questions difficiles sur la polémique, les rumeurs de dopage, les écarts de salaire avec les athlètes masculins, les conditions d’entraînement. Rapportez ce que d’autres journalistes ont dit : « Certains affirment que… », « On a rapporté que… », « Votre entraîneur a déclaré que… »

🥇 Rôle B – Athlète

Défendez votre victoire, répondez aux accusations, parlez de votre progression et de votre entraînement. Comparez vos conditions avec celles des athlètes masculins : « Je m’entraîne autant que… », « Notre progression est nettement plus rapide que… », « La domination de notre équipe est le résultat de… »

Traduisez en français

Clavier français

Ce que j’ai appris

Objectifs atteints
Cochez les cases au fur et à mesure
0 / 12