La Terre en partage —
Ressources naturelles & environnement
Plan de la séance
Trois regards sur la planète
La forêt, poumon de la Terre : entre mythe et réalité
Chaque année, environ 10 millions d’hectares de forêts disparaissent de la surface du globe — l’équivalent de la superficie du Portugal. Cette déforestation massive, principalement causée par l’agriculture intensive, l’exploitation minière et l’urbanisation galopante, constitue l’une des menaces les plus graves pour l’équilibre écologique de notre planète.
Les forêts ne sont pas simplement de beaux paysages. Elles remplissent des fonctions vitales et irremplaçables. En absorbant le dioxyde de carbone et en libérant de l’oxygène, elles régulent le climat mondial. En retenant l’eau dans leurs racines, elles préviennent les inondations et maintiennent les nappes phréatiques. En abritant des millions d’espèces animales et végétales, elles constituent le réservoir de biodiversité le plus riche de la planète.
Pourtant, une idée reçue persiste : celle selon laquelle les forêts tropicales sont les seules à mériter notre attention. Or les forêts tempérées et boréales jouent un rôle tout aussi crucial. Les Carpates, par exemple, constituent l’un des derniers grands massifs forestiers primaires d’Europe. Avec leurs hêtres séculaires, leurs chênes millénaires et leur faune exceptionnelle, ces forêts roumaines et ukrainiennes représentent un patrimoine naturel d’une valeur inestimable.
Face à cette réalité, des initiatives de reforestation émergent partout dans le monde. Le programme « Un trillion d’arbres » porté par les Nations Unies vise à planter mille milliards d’arbres d’ici 2030. Une ambition titanesque, mais nécessaire. Car si les forêts ont mis des siècles à se constituer, elles peuvent disparaître en quelques décennies sous la pression humaine.
Questions de compréhension
- Quelle comparaison l’auteur utilise-t-il pour illustrer l’ampleur de la déforestation annuelle ?
- Citez trois fonctions vitales des forêts mentionnées dans le texte.
- Pourquoi les Carpates sont-elles présentées comme un exemple important dans ce texte ?
- Quel paradoxe le dernier paragraphe met-il en évidence ?
Énergies renouvelables : la révolution silencieuse
Dans le village de Vizela, au Portugal, quelque chose a changé depuis trois ans. Les toits sont couverts de panneaux solaires, les champs sont bordés d’éoliennes et les habitants paient une facture d’électricité réduite de 70 %. Ce village est devenu l’un des premiers villages « à énergie positive » d’Europe — c’est-à-dire qu’il produit plus d’énergie qu’il n’en consomme.
« Au début, les gens étaient sceptiques, raconte le maire Antonio Ferreira. Ils avaient peur de l’investissement, ils doutaient de l’efficacité. Mais quand les premières factures sont arrivées, tout le monde a changé d’avis. » L’investissement initial de 2,4 millions d’euros sera entièrement amorti dans moins de huit ans grâce aux économies réalisées et à la revente d’énergie au réseau national.
À l’échelle mondiale, la transition énergétique s’accélère. En 2023, les énergies renouvelables ont représenté 30 % de la production mondiale d’électricité pour la première fois dans l’histoire. L’énergie solaire, dont le coût a chuté de 90 % en dix ans, est désormais la source d’énergie la moins chère jamais construite par l’humanité. L’éolien offshore progresse à un rythme exponentiel, notamment en mer du Nord et en mer Baltique.
Mais cette révolution n’est pas sans contradictions. La fabrication des panneaux solaires et des batteries nécessite des minéraux rares — lithium, cobalt, terres rares — dont l’extraction est elle-même source de pollution et de conflits géopolitiques. La transition écologique soulève ainsi une question fondamentale : peut-on vraiment sauver la planète sans en extraire davantage les ressources ?
Questions de compréhension
- Qu’est-ce qu’un village « à énergie positive » ? Donnez la définition du texte.
- Quels arguments ont convaincu les habitants de Vizela d’adopter les énergies renouvelables ?
- Quelle contradiction fondamentale la transition énergétique soulève-t-elle selon l’auteur ?
- Reformulez avec vos propres mots la question posée dans le dernier paragraphe.
La sixième extinction : quand la biodiversité s’effondre
Les scientifiques sont formels : nous vivons la sixième extinction de masse de l’histoire de la Terre. Mais contrairement aux cinq précédentes — causées par des astéroïdes, des éruptions volcaniques ou des glaciations —, celle-ci a un auteur clairement identifié : l’être humain. Selon le rapport de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité (IPBES), un million d’espèces animales et végétales sont actuellement menacées d’extinction.
Ce chiffre abstrait prend une dimension concrète quand on réalise ce que cela signifie pour nos écosystèmes. Les abeilles, par exemple, pollinisent 75 % des cultures alimentaires mondiales. Sans elles, notre système agricole s’effondrerait. Les vers de terre aèrent et fertilisent les sols. Les bactéries décomposent les matières organiques. Chaque espèce, même la plus modeste, joue un rôle dans l’équilibre fragile du vivant.
Pourquoi cette accélération ? Les causes sont multiples et interconnectées : destruction des habitats naturels, surexploitation des ressources, pollution des eaux et des sols, changement climatique, introduction d’espèces invasives. Ces facteurs se renforcent mutuellement, créant un effet en cascade difficile à enrayer.
Face à ce constat alarmant, des voix s’élèvent pour proposer une approche radicalement différente de notre rapport à la nature. Le concept de « droits de la nature », déjà inscrit dans la Constitution de l’Équateur depuis 2008, reconnaît aux écosystèmes le droit d’exister et de se régénérer. Une révolution juridique et philosophique qui pourrait changer la donne — si tant est que les États aient la volonté politique de l’appliquer.
Questions de compréhension
- En quoi la sixième extinction est-elle différente des précédentes selon le texte ?
- Expliquez pourquoi la disparition des abeilles serait catastrophique pour l’humanité.
- Identifiez les cinq causes de l’accélération de l’extinction mentionnées dans le texte.
- Qu’est-ce que le concept de « droits de la nature » et dans quel pays a-t-il déjà été appliqué ?
20 mots pour parler de l’environnement
Grammaire en contexte
1. La voix passive — décrire des phénomènes naturels
La voix passive met en valeur l’objet de l’action plutôt que son auteur. Elle est très fréquente dans les textes scientifiques et journalistiques sur l’environnement.
| Voix active | Voix passive |
|---|---|
| L’être humain détruit les forêts. | Les forêts sont détruites par l’être humain. |
| La pollution menace les espèces. | Les espèces sont menacées par la pollution. |
| On a planté des millions d’arbres. | Des millions d’arbres ont été plantés. |
| Le réchauffement perturbe les cycles. | Les cycles sont perturbés par le réchauffement. |
| Les Nations Unies porteront ce projet. | Ce projet sera porté par les Nations Unies. |
2. Le futur antérieur — conséquences environnementales
Le futur antérieur exprime une action future qui sera accomplie avant une autre action future. Il est essentiel pour parler de conséquences écologiques à long terme.
| Structure | Exemple environnemental |
|---|---|
| Quand + futur antérieur → futur simple | Quand nous aurons épuisé le pétrole, il sera trop tard. |
| Action accomplie dans le futur | D’ici 2050, des milliers d’espèces auront disparu. |
| Une fois que + futur antérieur | Une fois que les glaciers auront fondu, les mers monteront. |
| Hypothèse future accomplie | Si rien n’a changé, nous aurons raté notre chance. |
3. Les connecteurs logiques — cause et conséquence
Dans les textes argumentatifs sur l’environnement, les connecteurs logiques sont indispensables pour articuler causes, conséquences et solutions.
| Type | Connecteur | Exemple |
|---|---|---|
| Cause | en raison de, étant donné que, vu que | En raison de la surpêche, les stocks s’effondrent. |
| Conséquence | c’est pourquoi, si bien que, de sorte que | Les émissions augmentent, si bien que le climat se dérègle. |
| Intensité | tellement… que, si… que, tel… que | La pollution est telle que l’eau n’est plus potable. |
| Opposition | or, pourtant, néanmoins, en dépit de | Les solutions existent ; or la volonté politique manque. |
| But | afin que, pour que, dans le but de | On légifère afin que les entreprises réduisent leurs émissions. |
Exercices
Exercice 1 – Voix passive : transformez les phrases
Mettez les phrases suivantes à la voix passive en conservant le temps du verbe.
1. sont polluées · 2. sont menacées · 3. a été lancé · 4. seront installés · 5. sont détruits
Exercice 2 – Futur antérieur : conséquences écologiques
Conjuguez les verbes entre parenthèses au futur antérieur.
1. aurons compris · 2. aura augmenté · 3. auront adopté · 4. auront disparu · 5. auront résolu
Exercice 3 – Connecteurs logiques : complétez les phrases
Choisissez le connecteur approprié parmi : c’est pourquoi · étant donné que · si bien que · or · afin que · en dépit de
1. c’est pourquoi · 2. Étant donné que · 3. si bien que · 4. or · 5. afin que
Prenez la parole !
🎭 Jeu de rôle : Développement vs Protection
Une entreprise minière souhaite exploiter un gisement de lithium découvert dans une zone forestière protégée des Carpates. Une réunion publique oppose le directeur de l’entreprise à une militante écologiste locale. Utilisez la voix passive, le futur antérieur et les connecteurs logiques dans vos arguments.
💼 Rôle A – Directeur de l’entreprise
Vous défendez le projet en mettant en avant les emplois créés, le développement économique régional et l’importance du lithium pour les batteries des voitures électriques. « Des centaines d’emplois seront créés… Étant donné que le lithium est essentiel à la transition énergétique… »
🌿 Rôle B – Militante écologiste
Vous vous opposez au projet en défendant la biodiversité locale, les risques de pollution des nappes phréatiques et les droits des communautés locales. « Une fois que la forêt aura été détruite… C’est pourquoi il faut refuser ce projet… Or les promesses d’emplois ne seront pas tenues… »
